OIL
Qjù ?Eusèbe, qui en effet dit... Mais que sais-ieci qu'il ditl il nous a laissés ici dans un pareil embarras
T il a èti tTËs généreux auiour-
II ne s'est pas à mal condtùt, puisqu'il Meag:a.
GIL
Ah, Tiiso I je ne pleure pas, de ce qu'il a' été compatissant.
TIRSO
Pourquoi donc pleures-tu î
Pourquoi ? parce qu'il m'a laiui Menga.
leré celle d'Antoine, et au bout de
avait disparu, Antoine retix)uve un jour sa femme. Nous fêtâmes cette trouvaille par un bal superbe, et il dépensa cent rêaux.
cuRao.
(i) ... Qiie j'arrive à entendre de telles horreurs sur ce barbare ? Q.ui vit jamais pareil malheur ?
MENGA.
Comme il veut s'en défaire I jusqu'aux femmes, nous prendrons, si vous voulez, les armes pour venger votre offehse.
GIL
Qu'il fréquente ce lieu, c'est très certain ; et cette procession de Croix, que vous voyez, elles sont, seigneur, pour autant d'hommes qu'il a tués.
OCTAVE
C'est ici la partie la plus retirée de la forêt.
CURCIO.
Ce fut ici, ô ciel, que je vis ce prodige d'innocence et de chasteté, dont, téméraire que je suis, j'ai tant de fois offensé la beauté par mes doutes ; je ne puis me refuser à croire un miracle si évident.
OCTAVE
Qiielle nouvelle fantaisie, seigneur, crée votre imagination ?
CURCIO.
Ce sont des douleurs, Octave, qui déchirent l'âme, et mes chagrins, qui me pressent de publier ma faute, comme je refuse à ma langue de les raconter, vont me sortir par les yeux. Faites, Octave, que cette
(i) On SL supprimé quelques vers peu décents.
troupe que je suis me laisse seul, alm * qu'ici, entre ■vous et moi, j'adresse mes plaintes au del.
OCTAVE
Soldats, allons, dépêchez-vous.
BRAS
Qpe dites-vous ?
TIRSO
Qjie demandez-vous ?
GIL
Epluchez-vous, n'entends-tu pas? nous allons vous épouiller (ils s'en vonf).
ctmao.
A'qui n'est-il pas arrivé quelquefois, lorsqu'on est plein de soucis, de se retirer dans la solitude, pour ne se dévoiler i personne? Et moi, que tant de pensées viennent tourmenter à k fois, qui me font, avec nies larmes et mes soupirs, rivaliser avec l'air et la met ; moi qui n'ai pour compagnon que mSme dans ces muettes solitudes, je veu:
traire de mes maux par le souvenir de 1 heui. Q]ie ni les oiseaux, ni les fontaines des témoins comme ie les désire ; i k (in, taines murmurent, les oiseaux ont une lan^et veux pour compagnie que celle de ces sauli vages. Car qui en écoutant n'apprend ' parler. Cette forêt a été le théâtre de l'événj
me dis-
, - Il , I .
plus remarquable, parmi les prodiges de jalousie que raconte Tantiquité ; Tinnocence était certaine. Mais quel homme pourra se débarrasser des soupçons, lorsque en lui les vérités sont des mensonges ? La jalcrusie est la mort de Tamour. Elle ne pardonne à personne ; elle ne dédaigne pas la bassesse de la condition, et n'a pas' d'égard pour ce qui est respectable. J*ai donc, ici, je le répète, Rosmire et moi..., quand je me souviens, ce n'est pas assez que mon cœur se serre, ce n'est pas assez que la voix me manque ; pas une fleur qui ne m'effraie, pas une feuille qui ne m'épouvante, pas une pierre qui ne me stupéfie, pas un tronc d'arbre qui ne m'intimide, pas un rocher qui ne m'accable, pas une forêt qui ne me menace ; car ils ont tous été les témoins d'un forfait infâme. Je tirai l'épée, et elle, sans se troubler ni s'effrayer, parce que quand l'honneur est attaqué jamais l'innocent n'est lâche : « Mon époux, me dit-elle, arrêtetoi. Je ne te demande pas de ne pas me mettre à mort, si tel est ton désir, car comment pourrais-je te refuser une vie qui t'appartient ? Je te demande seulement de me dire auparavant pourquoi je meurs. Laisse-moi t'embrasser. » Je lui répondis : « C'est dans tes entrailles, vipère, que tu portes la cause de ta mort. J'ai une preuve suffisante dans le fruit infâme que tu attends. Mais tu ne le verras pas ; auparavant je te donnerai la mort, et serai ton bourreau et celui d'un petit ange. » — « Si malheureusement, me dit-elle alors, tu en es arrivé, mon époux, à me croire coupable, il est juste que tu me tues. Mais cette Croix que j'embrasse, poursuivit-elle, en me montrant une Croix qui était devant nous, cette Croix, je la prends
à témnin que je ne t'ai iamais trompé, ni offensii. Cii'elle seule vienne i nion aide, c'est justice, o J'aurais dû alars me jeter à ses [neds plein de repentir, car son innocence se Usait sur son visage. Celui qui médite un crime, doit regarder d'abord ce qu'il va faire. Une fois qu'il s'est dé;idé, quand même il chercherait à revenir, afin de ne pas se donner tort, il faut qu'il exécute son dessein. Moi donc, non parce que je doutais delà sincéri:^ de sa déclaratioa, mais pour que mon crime s'accomplit, futieui je levai le bras, frappant à toil et ^ travers. Je devais avoir donné mille blessures; mais mes coups ne frappèrent que l'air. Elle demeura comme morte au pied de la Croix ; je voulus fuir, je me rendis à ma maison. Là, je la trouvai plus belle que l'aube, quand dam ses bras elle nous présente le soleil son enfant ; clic tenait entre ses bras Julie, chcf-il'œuvre de beauté et de grâce. Quel bonheur peut être comparé au mien? Elle avait mis ion enfant au monde ce soir même, uu pied de la Croix ; et comme ûgae divin, pai lequel Dieu attestait ce grand miracle, la petiîc iillc qu" avait enfantée, bienheureuse d'une telle marque, tait sur la poitrine une croix, couleur de feu sang. Mail ce bonheur était troublé, parce autre nouveou-nd était resté dana la forSt.
milieu de ses cruelles douleurs, elle sentivi était accouchée de deux enfants ; et md don^i
Je vois une troupe de brigaads qui tmcne vallée, et avant que la nuit ne tombe, il Kra b seigneur, quewous descendiez de U moiit|L|^ r
les rencontrer, de peur de Tobscurité, car ils connaissent la forêt, et nous non.
CURCIO.
Eh bien ! que mes gens aillent tous ensemble en avant. Il n'y a pas de vrai bonheur pour moi, tant que je ne serai pas arrivé à me venger. {Ils s'm vont,')