‹ Théatre choisiChapitre 31 sur 155 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédente f les brigands.

RICHARD

Préparez-vous à vous défendre, seigneur. Loin du chemin, à travers la forêt, Curcio et ses gens sont à votre recherche. De tous les villages voisins, leur nombre s'est tellement accru, qu'ils arrivent contre vous, vieillards, femmes et enfants. Curcio dit qu'il va venger dans votre sang celui d'un fils tué par votre main ; il jure de vous conduire, pour votre châtiment ou la vengeance de tant de victimes, prisonnier à Sienne, mort ou vif.

EUSÈB^.

Julie, nous parlerons plus tard. Couvre-toi le vi-

TROISIÈME JOURNI-E. 77

sage, et viens avec moi. Il ne faut pas que tu tombes au pouvoir de ton père et ion ennemi. — Soldats, voici le moment de montrer de la valeur et de l'intrépidité. Afin que personne ne faiblisse, considérez qu'ils vienjgient avec audace pour nous donner la mort, ou nous faire prisonniers, ce qui est la même chose ; et si notre vie était épargnée, nous nous verrions dans la prison publique maltraités et déshonorés. Donc, si nous connaissons le sort qui nous attend, qnand la vie et l'honneur sont en jeu, qui craindrait le plus terrible danger ? Qu'ils ne croient pas que nous les craignons, marchons à leur rencontre ; la fortune est toujours du côté du plus audacieux !

RICHARD

Il n'y a plus qu'à marcher, car ils arrivent à nous.

EUSÈBE

Prévenons-les, et que personne ne soit lâche. Car, vive le ciel 1 si j'en vois un fuir ou reculer, j'ensanglanterai le fil de cette épée dans sa poitrine, avant d'atteindre celle de l'ennemi.

Page 1