SCÈNE X
Les précédents y fabio.
FABio (en dedans), Holi, descendez de la lumière !
LAURE
Il est déjà ici.
CÉLIA.
C'est fait, voilà ! (elle prend une lumière et soH,)
FÉLIX
Puisque, comme vous le dites, il a pris la clef de cette porte, il est Certain qu'il n'y a pas moyen de sortir. Ainsi, je vais me cacher dans ce cabinet. (1/ va pour entrer dans le cabinet où se trouve usard, laure^ se met devant lui.)
LAURE
Attendez, attendez, il ne faut pas entrer ici.
FÉLIX
Pourquoi ?
Parce que c'est toujours là que mon père reste à écrire une grande partie de la nuit.
FÉLIX
Vive Dieu I ce n'est pas pour cela. Car en entr' ouvrant la porte j'ai vu dans l'intérieur une ombre,
LAURE
Regardez....
FÉLIX
Qp'ai-je à regarder ?
LAURE
Prenez garde....
FEUX
Je ne crains rien.
LAURE
Que mon père entre déjà.
FÉLIX
Ah I malheur I dans quel embarras me trouvé-je ? Si je fais quelque esclandre, j'apprends à Fabio l'affront qui lui est fait, si je me tais, ie souffre celui que je reçois.
FABIO
(En entrant,) Vous ici, Félix ? 4iu'est-ce que cela veut dire ?
LAURE (à part à Félix).
Attention, pour Dieu, à ce que vous allez faire* Avec un gentilhomme, l'honneur des femmes est toujours en sûreté.
FÉLIX {a pari), C^est vrai, dissimuler est* le meilleur parti, si la jalousie peut dissimuler. (Haw^) Je viens chercher ma sœur, qu'on m'a dit être ici.
FABIO
Je viens de la laisser chez elle ; je lui ai servi tout à l'heure de cavalier.
LAURE
C'est justement ce que je lui répondais.
FÉLIX
Dieu vous rende l'honneur que vous avez fait à ma sœur !
FABIO
Elle vous attend chez elle.
DEUXIÈME JOURNÉli. I47
FÉLIX (à/îrt/Y).
Je ne sais, hélas, ce que je dois faire, rester ici, est une imprudence ; m'en aller en laissant un homme ici, est une folie; faire une esclandre dans la maison, je le dédaigne ; l'attendre dans la rue, s'il y a deux portes, je ne le puis moi tout seul. Oh I que n'ai-je amené avec moi Lisard, qui est un véritable ami ! Mais j'ai trouvé un moyen. {Haut.') Adieu.
Dieu vous garde !
FÉLIX {à part).
Je vais voir aujourd'hui, vive Dieu ! s'il est vrai que la fortune aide l'audace, (félix sort précipitamment , FABIO le conduit jusqiià la porte ; cÈiiAprend une lumitre et s'en î;fl,FABio prend une autre lumiire.)
FABIO
Éclaire don Félix, Célia ; Laure, entre dans cette chambre, j'ai à le parler seul à seule.
LAURE {à parf).
Autre embarras, ô ciel I que me veut mon père ? Ah, Laure 1 comment ceci finira-t-il ? (^Ils sortent,)