‹ Théatre choisiChapitre 82 sur 155 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Un chemin dans la campagne.

On gittend du bi'uil dcrrûre le tJ: édite et entrent iotit en bronchant fabio et lélio.

LÉLIO

Reprenez haleine; vous ctes près d'Ocana, seigneur.

FABIO

La douleur que j'éprouve, Lélio, est telle, que je n'en puis plus. Quoique, pour me délasser, je sois descendu de ma jument, et que j'aie voulu marcher à pied pendant un instant, pour tâcher par l'exercice de faire disparaître la douleur de ma chute, je t'avoue que de ma vie je ne me suis jamais trouvé aussi brisé.

LÉLIO

C'a été un bonheur, seigneur ; car c'est à peu près après avoir fait une lieue, que la jument est tombée, afin qu'il vous fût plus facile de revenir chez vous, où vous pourrez mieux vous soigner pour vous guérir.

FABIO

C'est à cette jambe que toute la douleur se fait sentir ; c'est celle qui s'est trouvée prise dessous.

CALDERON. T. I. Il

l86 MAISON A DEUX PORTES.

LÉLIO

Remontez donc ; vous prendrez le^evants.

FABIO

Il vaut mieux marcher encore un peu ; il ne faut pas, Lélio, Idsser refroidir la contusion.

LÉLIO

Vous dites bien ; mais je considère aussi qu'il a déjà commencé à faire nuit, et que si le peu que nous avons marché jusqu'ici a bien fait, nous allons arriver chez vous à heure indue, peut-être quand tout le monde sera couché, et qu'il n'y aura pas moyen de vous panser.

Tu as raison ; prépare la jument qui est attachée à cet arbre, et partons, si cela peut servir à me guérir. Cependant, il me semble que je ne devrais pas désirer d'aller à la maison, afin de ne pas donner d'inquiétude à Laure. Car elle m'aime tellement, que je crains pour sa vie, si elle me voit revenir avec une douleur aussi cruelle.

LÉLIO

Elle est votre fille; et je ne doute pas que ma maîtresse ne soit vivement affligée.

FABIO

J'ajouterai que c'est l'heure où elle est déjà couchée.

LÉLIO

Sans doute.

FABIO

Ah I combien il m'en coûte d'avoir à l'éveiller I

Mais je ne puis m'en dispenser. Ce que je ferai, c'est que, pour sj. tranquillité, je frapperai à la pone principale. Car avec cette précaution, comme cette porte est très Éloigiiie de son appartement, il pourra se ^aire qu'elle me m'entende pas.

LÉi-IO.

Soignez en ce moment voire santé ; n

Je suis ttès satisCût de vous aivoii ent lècit est si extraordinaire.

Ceci est le gros de l'affiiire ; j'ometi conter mille liétails, pour ne pas vouj fati] Félix ; et puis vous savez qu'on m'attauL il est l'heure.

M'innoncet que vous aile* . nl'aToir dit que voua avei couru un dangei ei me prier de vous laisser, sont detn cboK* ec dictoires. Car je ne suis pas, moi, de ces unis . l'on se contente de faire des confidencci..J'eË

de «<^^^H dame, - ^^H

iCS • MAISON A DliUX PORTES.

plus les actions que les paroles. Allez jouir de vos amours, très bien ; pour moi, je saurai attendre dans la rue jusqu'au jour.

USARD.

A une pareille amitié, don Félix, j'aurais tort de* résister.

Page 1