‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 113 sur 488 · I AM1LLE · texte numérisé non relu

I AM1LLE

i pourras donc, cruel, me présenter sa tète, demander ma main pour prix de' ta conquête!

CU RI ACE

n'y faut plus penser : en l'état où je suis,

>us aimer sans espoir, c'est tout ce que je puis. >70

uis en pleurez, Camille?

CAMILLE

11 faut bien que je pleure :

m insensible amant ordonne que je meure;

quand l'hymen pour nous allume son flambeau.

l'éteint de sa main pour m'ouvrir le tombeau1.

; cœur impitoyable à ma perte s'obstine, 575

dit qu'il m'aime encore alors qu'il m'assassine.

CURIACE

ie les pleurs d'une amante ont de puissants discours! qu'un bel oeil est fort avec un tel secours! îe mon cœur s'attendrit à cette triste vue! t constance contre elle à regret s'évertue. 580

attaquez plus ma gloire avec tant de douleurs , laissez-moi sauver ma vertu de vos pleurs; sens qu'elle chancelle, et défend mal la place, us je suis votre amant, moins je suis Curiace. ible d'avoir déjà combattu l'amitié, "iss

tincrait-elle à la fois l'amour et la pitié? lez, ne m'aimez plus, ne versez plus de larmes, î j'oppose l'offense à de si fortes armes; me défendrai mieux contre votre courroux, pour le mériter, je n'ai plus d'yeux pour vous. :>oo

hl^z-vous d'un ingrat, punissez un volage. ius ne vous montrez point sensible à cet outrage! n'ai plus d'yeux pour vous, vous en avez pour moi! i faut-il plus encor? je renonce à ma foi*, goureuse vertu dont je suis la victime, mz

; peux-tu résister sans le secours d'un crime?

CAMILLE

! fais point d'autre crime, et j'atteste les Dieux2

. Quelques métaphores aujourd'hui i 2. Camille, dans une situation dif-

lales (flambeau, tombeau, bel œil) ne veut pas faire oublier le pathétique ce morceau , imité d'ailleurs par Rae : Ma fille, vous pleurez (Iphig., 1171), >ar Corneille lui-même (Cimia, 1U70).

férente, n'a pas moins de subtilité que Chiméne, et leur rhétorique entlammée ne recule pas devant les mots de crime, de fratricide et & assassinat (Cf. Cid, 1714).

Qu'au lieu de t'en haïr, je t'en aimerai mieux ;

Oui, je te chérirai, tout ingrat et perfide.

Et cesse d'aspirer au nom de fratricide. coo

Pourquoi suis-je Romaine, ou que n'es-tu Romain?

Je te préparerais des lauriers de ma main ;

Je t'encouragerais, au lieu de te distraire *;

Et je te traiterais comme j'ai fait mon frère.

Hélas! j'étais aveugle en mes vœux aujourd'hui , gos

J'en ai fait contre toi quand j'en ai fait pour lui.

Il revient : quel malheur, si l'amour de sa femme

Ne peut non plus sur lui que le mien sur ton àmel

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