ACTE II, SCÈNE VI
uand je ne serai plus, vous ne vous serez rien.
risez votre alliance, et rompez-en la chaîne;
t puisque votre honneur veut des effets de haine ,
chetez par ma mort le droit de vous haïr :
Ibe le veut, et Rome; il faut leur obéir. <>3o
u'un de vous deux me tue , et que l'autre me venge.
lors votre combat n'aura plus rien d'étrange,
t du moins l'un des deux sera juste agresseur,
u pour venger sa femme , ou pour venger sa sœur.
ais quoi! vous souilleriez une gloire si belle. Bas
vous vous animiez par quelque autre querelle : i zèle du pays vous défend de tels soins*; dus feriez peu pour lui si vous vous étiez moins.
lui faut, et sans haine, immoler un beau-frère. e différez donc plus ce que vous devez faire; <ho
ommencez par sa sœur à répandre son sang, ommencez par sa femme à lui percer le flanc, ommencez par Sabine à faire de vos vies a digne sacrifice à vos chères patries : ous êtes ennemis en ce combat fameux, 645
ous d'Albe, vous de Rome, et moi de toutes deux. uoi? me réservez-vous à1 voir une victoire ù pour haut appareil d'une pompeuse gloire, ! verrai les lauriers d'un frère ou d'un mari amer encor d'un sang que j'aurai tant chéri? 650
ourrai-je entre vous deux régler alors mon âme, itisfaire aux devoirs et de sœur et de femme , mbrasser le vainqueur en pleurant le vaincu? on, non, avant ce coup Sabine aura vécu : a mort le préviendra, de qui que je l'obtienne; •;••■;
3 refus de vos mains y condamne la mienne, as donc, qui vous retient? Allez, cœurs inhumains, aurai trop de moyens pour y forcer vos mains; ous ne les aurez point au combat occupées , ue ce corps au milieu n'arrête vos épées; t;co
t malgré vos refus, il faudra que leurs coups î fassent jour ici pour aller jusqu'à vous.
HORACE
ma femme!
rique si savante ne va pas sans lelque froideur. On y sent, pour îprunter les termes du vieil Horace,
plus tVart que de tendresse (vers 683). 1. V. Gr., 40.
108 HORACE
CURIACE
0 ma sœur!
CAMILLE
Courage! ils s'amollissent.
SABINE
Vous poussez des soupirs! vos visages pâlissent!
Quelle peur vous saisit? Sont-ce là ces grands cœurs, »->
Ces héros qu'Albe et Rome ont pris pour défenseurs?
HORACE
Que fai-je fait, Sabine? et quelle est mon offense,
Qui t'oblige à chercher une telle vengeance?
Que t'a fait mon honneur? et par quel droit viens-tu
Avec toute ta force attaquer ma vertu?
Du moins contente-toi de l'avoir étonnée .
Et me laisse achever celte grande journée.
Tu me viens de réduire en un étrange point;
Aime assez ton mari pour n'en triompher point :
Va-t'en, et ne rends plus la victoire douteuse;
La dispute déjà m'en est assez honteuse.
Souffre qu'avec honneur je termine mes jours.
SABINE
Va, cesse de me craindre; on vient à ton secours.