‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 135 sur 488 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

le vieil HORACE, VALÈRE, CAMILLE

VALÈRE

Envoyé par le roi pour consoler un père , Et pour lui témoigner...

LE VIEIL HORACE

N'en prenez aucun soin * :

C'est un soulagement dont je n'ai pas besoin ; Et j'aime mieux voir morts que couverts d'infamie ic Ceux que vient de m'ôter une main ennemie. Tous deux pour leur pays sont morts en gens d'honneur; Il me suffit.

VALÈRE

Mais l'autre est un rare bonheur; De tous les trois chez vous il doit tenir la place.

LE VIEIL HORACE

Que n'a-t-on vu périr en lui le nom d'Horace!

VALÈRE

Seul vous le maltraitez après ce qu'il a fait.

LE VIEIL HORACE

C'est à moi seul aussi de punir son forfait.

VALÈRE

Quel forfait trouvez-vous en sa bonne * conduite?

LE VIEIL HORACE

Quel éclat de vertu trouvez-vous en sa fuite?

VALÈRE

La fuite est glorieuse en cette occasion.

LE VIEIL HORACE

Vous redoublez ma honte et ma confusion : Certes, l'exemple est rare et digne de mémoire, De trouver dans la fuite un chemin à la gloire.

VALÈRE

Quelle confusion, et quelle honte à vous

D'avoir produit un fils qui nous conserve tous. ioï

Qui fait triompher Rome, et lui gagne un empire?

A quels plus grands honneurs faut-il qu'un père aspire?

LE VIEIL HORACE

Quels honneurs, quel triomphe, et quel empire enfin1,

1. Cette longue méprise peut s'ex- i extrême du vieil Horace, comme le pliquer à la rigueur par l'irritation I malentendu qui suit la fausse nouvelle

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