HORACE, CAMILLE. PROCULE
i Procale porte en =.a main les troi- épéea flee Coriaces.)
HORACE
Ma sœur, voici le bras qui venge no* deux frères ' ,
Le bras qui rompt le cours de nos destins contraires ,
Qui nous rend maîtres d'Albe; enfin voici le bras
Qui seul fait aujourd'hui le sort de deux États. 1 2l
Vois ces marques d'honneur, ces témoins de ma gloire.
Et rends ce que tu dois à l'heur* de ma victoire.
CAMILLE
Recevez donc mes pleurs, c'est ce que je lui dois.
HORACE
Rome n'en veut point voir après de tels exploits, Et nos deux frères morts dans le malheur des armes Sont trop payés de sang pour exiger des larmes : 1 26<
Quand la perte est vengée, on n'a plus rien perdu.
CAMILLE
Puisqu'ils sont satisfaits par le sang épandu,
Je cesserai pour eux de paraître affligée ,
Et j'oublierai leur mort, que vous avez vengée;
Mais qui me vengera de celle d'un amant, *26i
Pour me faire oublier sa perte en un moment ?
HORACE
Que dis-tu, malheureuse?
CAMILLE
0 mon cher Curiacc!
0 d'une indigne sœur insupportable audace!
D'un ennemi public dont je reviens vainqueur 126
Le nom est dans ta bouche et l'amour dans ton cœur!
Ton ardeur criminelle à la vengeance aspire*!
Ta bouche la demande , et ton cœur la respire !
Suis moins ta passion, règle mieux tes désirs*,
Ne me fais plus rougir d'entendre tes soupirs :
Tes flamme* désormais doivent être étouffées; iî
1. Voltaire oublie que cette entrée I « Horace ne devrait parler à orgaeilleuse d'Horace est un trait sai- que pour la consoler ». sissant de caractère, quand il dit : I