‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 152 sur 488 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

TULLE

Non, levez-vous, mon père, .le fais ce qu'en ma place un bon prince doit l'aire. Un si rare service et si fort important i i*s

Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant.

(Montrant Valère.)

Vous en aviez déjà sa parole pour gage; Je ne l'ai pas voulu différer davantage.

J'ai su par son rapport, et je n'en doutais pas, Comme ' de vos deux fils vous portez le trépas, i 450

Et que, déjà votre âme étant trop résolue, Ma consolation vous serait superflue :

Mais je viens de savoir quel étrange malheur D'un fils victorieux a suivi la valeur,

Et que son trop d'amour pour la cause publique, 1455

Par ses mains, à son père ôte une fille unique. Ce coup est un peu rude à l'esprit le plus fort; Et je doute comment vous portez cette mort.

LE VIEIL HORACE

Sire, avec déplaisir*, mais avec patience.

TULLE

C'est l'effet vertueux de votre expérience. 4 460

Beaucoup par un long âge ont appris comme vous

mie le malheur succède au bonheur le plus doux :

Peu savent comme vous s'appliquer ce remède ,

Et dans leur intérêt 2 toute leur vertu cède.

Si vous pouvez trouver dans ma compassion i40:;

Quelque soulagement pour votre affliction,

Ainsi que votre mal sachez qu'elle est extrême,

Et que je vous en plains autant que je vous aime.

VALÈRE

Sire , puisque le ciel entre les mains des rois

Dépose sa justice et la force des lois, i*io

Et que l'État demande aux princes légitimes

Des prix pour les vertus, des peines pour les crimes,

Souffrez qu'un bon sujet vous fasse souvenir

Que vous plaignez beaucoup ce qu'il vous faut punir.

Soutirez... 1 ns

rain de Rodrigue de Bivar? ou mieux encore un gentilhomme de la cour de Louis XII IV Corneille n'avait peutt'-tre pas le droit de reprocher à Racine ce genre d'anachronisme dont son pro-

pre théâtre offre de si singuliers exemples.

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