ACTE I, SCENE II loi
C'est une lâcheté que de remettre à d'autres iik;
Les intérêts publics qui s'attachent aux nôtres.
Joignons à la douceur de venger nos parents
La gloire qu'on remporte à punir les tyrans ,
Et faisons publier par toute l'Italie :
« La liberté de Rome est l'œuvre d'Emilie; 1 10
« On a touché son âme, et son cœur s'est épris;
« Mais elle n'a donné son amour qu'à ce prix. >>
FULVIE
Votre amour à ce prix n'est qu'un présent fnneste
Qui porte à votre amant sa perte manifeste.
Pensez mieux. Emilie, à quoi vous l'exposez, us
Combien à cet écueil se sont déjà brisés:
Ne vous aveuglez point quand sa mort est visibb'.
EMILIE
Ah! tu sais me frapper par où je suis sensible.
Quand je songe aux dangers que je lui fais courir,
La crainte de sa mort me fait déjà mourir; 1-20
Mon esprit en désordre à soi-même1 s'oppose;
Je veux et ne veux pas, je m'emporte et je n'ose;
Et mon devoir confus, languissant, étonné*,
Cède aux rébellions de mon cœur mutiné.
Tout beau*, ma passion, deviens un peu moins forte; **s Tu vois bien des hasards, ils sont grands, mais n'importe : Cinna n'est pas perdu pour être hasardé. De quelques légions qu'Auguste soit gardé, Quelque soin qu'il se donne et quelque ordre qu'il tienne. Qui méprise la vie est maître de la sienne2. 130
Plu- Je péril est grand, plus doux en est le fruit ; La vertu nous y jette, et la gloire le suit. Quoi qu'il en soit. qu'Auguste ou que Cinna périsse-, Aux mânes paternels je dois ce sacrifice; Cinna me l'a promis en recevant ma foi : 13-;
Et ce coup seul aussi le rend digne de moi. Il est tard, après tout, de m'en vouloir dédire. Aujourd'hui l'on s'assemble, aujourd'hui l'on conspire, L'heure, le lieu, le bras se choisit aujourd'hui: Et c'est à faire enfin* à mourir après lui. •. 40