‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 222 sur 488 · COUVA · texte numérisé non relu

COUVA

.Mourez, mais en mourant ne souillez point ma gloire.

EMILIE

La mienne se flétrit , si César te veut croire.

CLXNA

Et la mienne se perd si vous tirez à vous Toute celle qui suit de si généreux coups,

EMILIE

ÎEh bien! prends-en ta part, et me laisse la mienne; 1645

Ce serait l'affaiblir que d'affaiblir la tienne :

La gloire et le plaisir, la honte et les tourments ,

JTout doit être commun entre de vrais amants.

Nos deux âmes, Seigneur, sont deux âmes romaines; Unissant nos désirs, nous unîmes nos haines; 1650

De nos parents perdus le vif ressentiment Nous apprit nos devoirs en un même moment : En ce noble dessein nos cœurs se rencontrèrent; [Nos esprits généreux ensemble le formèrent; Ensemble nous cherchons l'honneur d'un beau trépas : igss I Vous vouliez nous unir, ne nous séparez pas '.

AUGUSTE

Oui, je vous unirai, couple ingrat et perfide,

,Et plus mon ennemi qu'Antoine ni Lépide;

Oui, je vous unirai, puisque vous le voulez :

Il faut bien satisfaire aux feux dont vous brûlez, igso

Et que tout l'univers, sachant ce qui m'anime,

S'étonne du supplice aussi bien que du crime.

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