‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 221 sur 488 · Après ces mots, rien n'est plus · texte numérisé non relu

Après ces mots, rien n'est plus

éloquent que le silence d'Auguste tout au combat secret qui se livre dans son âme. Cf. le silence de Canaille dans Burette I Acte IV, scène 2 ).

Fut un crime d'Octave, ci non de l'empereur.

Tous ces crimes d'État qu*on fait pour la couronne ' . Le ciel nous en absout alors qu'il nous la donne, ieit

Et dans le sacré rang où sa faveur l'a mis, Le passé devient juste et l'avenir permis. Qui peut y parvenir ne peut être coupable ; Quoi qu'il ait fait ou fasse, il est inviolable : Nous lui devons nos biens, nos jours sont en sa main, i cm Et jamais on n'a droit sur ceux du souverain.

EMILIE

Aussi dans le discours que vous venez d'entendre. Je parlais pour l'aigrir*, et non pour me défendre.

Punissez donc , Seigneur, ces criminels appas Qui de vos favoris font d'illustres ingrats; i'i-20

Trancbez nies tristes jours pour assurer les vôtres. Si j'ai séduit Cinna, j'en séduirai bien d'autres. Et je suis plus à craindre, et vous plus en danger, Si j'ai l'amour ensemble et le sang à vengçr.

CINNA

Que vous m'ayez séduit 2 , et que je souffre encore 1 025

D'être déshonoré par celle que j'adore!

Seigneur, la vérité doit ici s'exprimer : J'avais fait ce dessein avant que de l'aimer. A mes plus saints désirs la trouvant inflexible. Je crus qu'à d'autres soins* elle serait sensible; 1630

Je parlai de son père et de votre rigueur, Et l'offre de mon bras suivit celle du cœur. Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme3! Je l'attaquai par là, par là je pris son âme ; Dans mon peu de mérite elle me négligeait, Et ne put négliger le bras qui la vengeait : Elle n'a conspiré que par mon artifice; J'en suis le seul auteur, elle n'est que complice.

Emilie Cinna, qif oses-tu dire? est-ce là me chérir. Que de m'ô-ter l'honneur quand il me faut mourir ?

1. Ou ne se tromperait peut-être pas eu affirmant que c'était à de pareils vers que pensait un maréchal de Gframmont quand il disait : « Corneille est le bréviaire des rois. » Personne d'ailleurs ne semble mieux choisi pour professer ces maximes cé-

sariennes que la femme de César.

Page 1