‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 237 sur 488 · V. Gr · texte numérisé non relu

V. Gr

3. Ce songe, condamné par Voltaire, comme il l'avait été par les beaux esprits de l'hôtel de Rambouillet, n'a sans doute pas l'importance capitale du songe à'A/halie; mais il est si bien lié à toutes les scènes du premier acte et

POLYEUCTE

STRATONICE

Il est vrai qu'il est triste*; 2%:i

Mais il faut que votre àme à ces frayeurs résiste : La vision, de soi, peut faire quelque horreur, Mais non pas vous donner une j uste terreur. Pouvez-vous craindre un mort, pouvez-vous craindre un père Qui chérit votre époux, que votre époux révère, 250

Et dont le juste choix vous a donnée à lui Pour s'en faire en ces lieux un ferme et sur appui?

PAULINE

Il m'en a dit autant, et rit de mes alarmes;

Mais je crains des chrétiens les complots et les charmes*.

Et que sur mon époux leur troupeau ramassé

Ne venge tant de sang que mon père a versé.

STRATONICE

Leur secte est insensée, impie, et sacrilège,

Et dans son sacrifice use de sortilège ! ;

Mais sa fureur ne va* qu'à briser nos autels;

Elle n'en veut qu'aux Dieux, et non pas aux mortels. -2t>o

Quelque sévérité que sur eux on déploie,

Ils souffrent sans murmure, et meurent avec joie;

Et, depuis qu'on les traite en criminels d'État,

On ne peut les charger d'aucun assassinat.

PAULINE

Tais-toi, mon père vient.

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