SCÈNE IV
LE COMTE. D. DIÉCLE
LE COMTE
Enfin vous l'< mportez^et la faveur du Roi Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi; Il vous fait gouverneur du prince de Castille.
D. DlÈGli:
Cette marque d'honneur qu'il met dans ma famille
Montre à tous qu'il est juste, et fait connaître assez îoo
Qu'il sait récompenser les services passés.
LE COMTE
Pour grands que soient les rois , ils sont ce que nous sommes :
Us peuvent se tromper comme les autres hommes;
Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans
Qu'ils, savent mal payer les services présents. 100
1. Kapproeher de ce lier début TT. décoiffé de Boileau. 2 e: 6, c aussi le spirituel Chapon
D. D1ÈGUE
Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit s'irrite;
La laveur l'a pu faire autant que le mérité.
Mais on doit ce respect au pouvoir absolu.
De n'examiner rien quand un roi l'a voulu.
A l'honneur qu'il m'a fait ajoutez-en un autre; 165
Joignons d'un sacré nœud ma maison à la vôtre.
Vous n'avez qu'une fdle, et moi je n'ai qu'un fils;
Leur hymen nous peut rendre à jamais plus qu'amis :
Faites-nous cette grâce, et l'acceptez pour gendre.
LE COMTE
A des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre1 ; ito
Et le nouvel éclat de votre dignité
Lui doit enfler le cœur d'une autre vanité.
Exercez-là, Monsieur, et gouvernez le prince;
Montrez-lui comme il faut régir une province.
Faire trembler partout les peuples sous sa loi, US
Remplir les bons d'amour, et les méchants d'effroi.
Joignez à ces vertus celles d'un capitaine :
Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine,
Dans le métier de Mars se rendre sans égal ,
Passer les jours entiers et les nuits à cheval, iso
Reposer tout armé , forcer une muraille ,
Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille :
Instruisez-le d'exemple, et rendez-le parfait,
Expliquant à ses yeux vos leçons par l'effet.
D. DIÈGUE
Pour s'instruire d'exemple, en dépit de l'envie. is:;
Il lira seulement l'histoire de ma vie.
Là , dans un long tissu de belles actions .
11 verra comme il faut dompter des nations ,
Attaquer une place, ordonner* une armée,
El sur de grands exploits bâtir sa renommée. it»o
LE COMTE
Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir'2;
Un prince dans un livre apprend mal son devoir.
Et qu'a fait après tout ce grand nombre d'années.
Que ne puisse égaler une de mes journées?
Si vous fûtes vaillant, je le suis aujourd'hui; I9S
1. Ce beau fils fait bondir Voltaire ; 1 justesse. Ce ton d'ironie hautaine et ce qu'il regarde comme une basse tri- familière peint le comte. vialité nous paraît d'une énergique I 2. C'est ainsi que Bossuet fait un