‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 274 sur 488 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

Honteux attachements de la chair et du monde, Que ne me quittez-vous*, quand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :

Toute votre félicité,

Sujette à l'instabilité,

En moins de rien tombe par terre;

Et comme elle a l'éclat du verre,

Elle en a la fragilité1.

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire. Vous étalez en vain vos charmes impuissants; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux* et florissants. Il étale* à son tour des revers équitables

Par qui les grands sont confondus;

Et les glaives qu'il tient pendus*

Sur les plus fortunés coupables

Sont d'autant plus inévitables

Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable2 Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyable ; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre3, et ton heure est venue;

Rien ne t'en saurait garantir;

Et la foudre qui va partir,

Toute prête à4 crever la nue,

lisen une heure décisive où les émoins accumulées font naturellement plosion; l'hymne lyrique marque isi un moment du drame et le groutnent des luttes intimes accompagne m sourd murmure la mélopée de avocation. D'antre part, on n'a pas ;i jretter le retour des mêmes rimes et balancement ingénieux desantithè- ! qui donnent au lyrisme du Oid un ractère quelque peu littéraire etartiiel.

1. <t J'ai ouï dire souvent à M. Corille, racontait Ménage, qu'il avait it ces deux vers si célèbres sans sair qu'ils fussent de il. Godeau. » La îme image était déjà dans Malherbe i l'avait empruntée à P. Syru*; /'»/■-

tuna ritrea est ; tumenm splendet , frattgitur. Cf. Malherbe , Paraphrase du psaume CXLV :

NY'-iurons plu?, mon âme aux promenés du

[monde ;

Sa lumilre ee( nn verre, et sa faveur une

[onde.

2. Déce est ' également appelé par les Pères de l'Eglise un lion (S. Optât, 3, 70), un autre Néron ( S. Hilaire, ex Otms., p. 113). Il périt en combattant les (ïoths, et non les Scythes que Corneille a sans doute préférés pour l'harmonie du vers.

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