‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 308 sur 488 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Et du parti contraire en ce grand chef détruit Prendre sur vous le crime, et lui laisser le fruit : C'est là mon sentiment, ce doit être le vôtre. Par là vous gagnez l'un, et ne craignez plus l'autre. Mais, suivant d'Achillas le conseil hasardeux, Vous n'en gagnez aucun, et les perdez tous deux.

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N'examinons donc plus la justice des causes, Et cédons au torrent qui roule toutes choses. Je passe au plus de voix, et de mon sentiment Je veux bien avoir part à ce grand changement.

Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome A cru qu'être Romain c'était être plus qu'homme. Abattons sa superbe avec sa liberté; Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté; Tranchons l'unique espoir où tant d'orgueil se fonde, Et donnons un tyran à ces tyrans du monde. Secondons le destin qui les veut mettre aux fers. Et prêtons-lui la main pour venger l'univers. Rome, tu serviras; et ces rois que tu braves. Et que ton insolence ose traiter d'esclaves, Adoreront César avec moins de douleur, Puisqu'il sera ton maître aussi bien que le leur1.

Allez donc, Achillas, allez avec Septime Nous immortaliser par cet illustre crime. Qu'il plaise au ciel ou non, laissez-m'en le souci. Je crois qu'il veut sa mort, puisqu'il l'amène ici.

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