‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 316 sur 488 · SEPTIME · texte numérisé non relu

SEPTIME

Seigneur...

CÉSAR

Allez, Septime, allez vers votre maître; César ne peut souffrir la présence d'un traître, D'un Romain lâche assez pour servir sous un roi, Après avoir servi sous Pompée et sous moi.

(Septime rentre.) CORNÉLIE

César, .car le destin, que dans tes fers je brave. Me fait ta prisonnière et non pas ton esclave, Et tu ne prétends pas qu'il m'abatte le cœur Jusqu'à te rendre nommage, et te nommer seigneur : De quelque rude trait qu'il m'ose avoir frappée, Veuve du jeune Crasse2 et veuve de Pompée, Fille de Scipion, et, pour dire encore plus, Romaine, mon courage est encore au-dessus; Et de tous les assauts que sa rigueur me livre, Rien ne me fait rougir que la honte de vivre. J'ai vu mourir Pompée, et ne l'ai pas suivi; Et, bien que le moyen m'en ait été ravi, Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes M'ait ôté le secours et du fer et des ondes, Je dois rougir pourtant, après un tel malheur, De n'avoir pu mourir d'un excès de douleur : Ma mort était ma gloire, et le destin m'en prive

1. Ce fut un grand débat, au xvine siècle, de savoir si Cornélie devait paraître en habits de veuve ou garder les vêtements que la rapidité de la catastrophe ne devait pas lui avoir permis de quitter. Lucain dit pour-

tant : Caput ferali obdu.rU amictu.

2. Cornélie avait épousé en premières noces le triumvir Crassus. qui périt dans une bataille contre Part lies.

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