V. tir
A nommer autrement et mon juge et mon roi), Que vous voyez l'effet de cette vieille haine Qu'en dépit de la paix me garde l'inhumaine, Qu'en son cœur du passé soutient le souvenir, Et que j'avais raison de vouloir prévenir. Elle a soif de mon sang, elle a voulu l'épandre : J'ai prévu d'assez loin ce que j'en viens d'apprendre; Mais je vous ai laissé désarmer mon courroux.
(A Rodogune.)
Sur la foi de ses pleurs, je n'ai rien craint de vous, Madame, mais, ô Dieux! quelle rage est la vôtre! Quand je vous donne un fils, vous assassinez l'autre, Et m'enviez * soudain l'unique et faible appui Qu'une mère opprimée eût pu trouver en lui! Quand vous m'accablerez, où sera mon refuge? Si je m'en plains au roi, vous possédez mon juge. Et s'il m'ose écouter, peut-être, hélas! en vain Il voudra se garder de cette même main. Enfin je suis leur mère, et vous leur ennemie : J'ai recherché leur gloire et vous leur infamie. Et si je n'eusse aimé ces fils que vous m'ôtez, Votre abord *en ces lieux les eût déshérités. C'est à lui maintenant, en cette concurrence, A régler ses soupçons sur cette différence, A voir de qui des deux il doit se défier, Si vous n'avez un charme, à vous justifier '.
RODOGUNE, à Cléopâtre.
Je me défendrai mal : l'innocence étonnée*
Ne peut, s'imaginer qu'elle soit soupçonnée,
Et n'ayant rien prévu d'un attentat si grand 2,
Qui l'en veut accuser sans peine la surprend.
Je ne m'étonne point de voir que votre haine
Pour me faire coupable a quitté "Timagène.
Au moindre jour ouvert de tout jeter sur moi,
Son récit s'est trouvé digne de votre foi*.
Vous l'accusiez pourtant, quand votre àme alarmée
Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée -j :