ACTE V, SCÈNE IV 3H
Que, n'en pouvant douter, je n'ose encor la croire. to&o
0 quiconque des deux avez versé son sang,
Ne vous préparez plus à me percer le flanc.
Nous avons mal servi vo3 haines mutuelles,
Aux jours l'une de l'autre également cruelles;
Mais si j'ai refusé ce détestable emploi, «68a
Je veux bien vous servir toutes deux contre moi :
Qui que vous soyez donc, recevez une vie
Que déjà vos fureurs m'ont à demi ravie K
R0D0GUNE
Ah! seigneur, arrêtez!
TIMAGÈNE
Seigneur, que faites-vous?
ANTIOCHLIS
Je sers ou l'une ou l'autre, et je préviens ses coups. tor>o
CLÉOPATRE
Vivez, régnez heureux.
ANTIOCHLIS
Otez-moi donc de doute, Et montrez-moi la main qu'il faut que je redoute, Qui pour m'assassiner ose me secourir, Et me sauve de moi pour me faire périr. Puis-je vivre et traîner cette gêne * éternelle 2, tesn
Confondre l'innocente avec la criminelle, Vivre, et ne pouvoir plus vous voir sans m'alarmer, Vous craindre toutes deux, toutes deux vous aimer? Vivre avec ce tourment, c'est mourir à toute heure. Tirez-moi de ce trouble, ou souffrez que je meure, no»o Et que mon déplaisir, *par un coup généreux, Épargne un parricide *à l'une de vous deux.
CLÉOPATRE
Puisque, le même jour que 3 ma main vous couronne,
Je perds un de mes fils, et l'autre me soupçonne,
Qu'au milieu de mes pleurs, qu'il devrait essuyer, nos
Son peu d'amour me force à me justifier,
Si vous n'en pouvez mieux consoler une mère
Qu'eu la traitant d'égal avec une étrangère,
Je vous dirai, seigneur (car ce n'est plus à moi
1. Eu faisant périr Séleucus, nu lui a enlevé comme une moitié île luimême. Aprén ce vers on lit ilans l'éd. de 1692 : Il tire son épée et veut se tuer.
2. Expression originale qui rappelle le riiuiii luctu truhere de Virgile.