VIERGE ET MARTYRE
Tragédie chrétienne
La première tragédie chrétienne de Corneille peut être considérée comme son plus beau chef-d'œuvre; la seconde, qui suivit Poly à cinq années seulement d'intervalle, est manifestement sa pire erreur de goût. Le sujet, qui est tiré du Traité des Vierges de saint Ambroise. n'est nullement fait pour la scène, et les caractères ne laissent pus moins à désirer que l'action : la barbarie raffinée des persécuteurs. Val lens et Marcelle, qui prétendent attenter non à la vie mais à l'honneur de leur victime, inspire moins de tragique horreur que de froid dégoût et l'on éprouve plus de surprise que de sympathie pour la vertu hautaine de Théodore, « cette vierge à la robe, à la collerette et aux seutiments également empesés et fiers, cette orgueilleuse martyre du plus grand style Louis XIII : » (J. Lemaître, Impressions de théâtre, t.V)î Les vers cependant sont parmi les mieux frappés de Corneille, et quelques morceaux qu'a inspirés le plus pur sentiment chrétien sont dignes d'être mis à côté des plus beaux endroits de Polyeucte.
telles moralités qu'il lui plaira : rien i implacable haine jusque dans la mort, n'égale pour notre instruction le spec- et ne regrettant enfin que d'avoir tacle de Cléopàtre expirant sous les manqué son dernier crime. atteintes rtu poison qu'elle a préparé | 1. V. Gr., 14. pour son fils, le poursuivant de sou | 2. V. Gr., 20.