‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 361 sur 488 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

l). MANRIQUÈ, D. LOPE, D. ALVAR

D. I.0PE

Vous voyez l'arrogance.

D. ALVAR

Ainsi les grands courage; Savent en généreux repousser les outrages.

D. MANRIQDE

Il se méprend pourtant, s'il pense qu'aujourd'hui Nous daignions mesurer notre épée avec lui.

D. ALVAR

Refuser un combat!

D. LOPE

Des généraux d'armée, Jaloux de leur honneur et de leur renommée, Ne se commettent point contre un aventurier.

D. ALVAR

Ne mettez point si bas un si vaillant guerrier : Qu'il soit ce qu'en voudra présumer votre haine, Il doit être pour nous ce qu'a voulu la reine.

D. LOPE

La reine qui nous brave, et, sans égard au sang. Ose souiller ainsi l'éclat de notre rang !

D. ALVAR

Les rois de leurs faveurs ne sont jamais comptables; Ils font, comme il leur plait, et défont nos semblables.

D. 1IAXRIQUE

Envers les majestés vous êtes bien discret. Voyez-vous cependant' qu'elle l'aime en secret?

D. ALVAR

Dites, si vous voulez, qu'ils sont d'intelligence, Qu'elle a de sa valeur si haute confiance, Qu'elle espère par là faire approuver son choix. Et se rendre avec gloire au vainqueur de tous trois Qu'elle nous hait dans l'âme autant qu'elle l'adore : C'est à nous d'honorer ce que la reine honore.

D. îtANRIQUE

Vous la respectez fort : mais y prétendez-vous? On dit que l' Aragon a des charmes si doux...

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