‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 40 sur 488 · D. FERNAND, D. ARIAS, D. SANCHE · texte numérisé non relu

D. FERNAND, D. ARIAS, D. SANCHE

D. FEHNAND

Le comte est donc si vain et si peu raisonnable ! 0>e-l-il croire encor son crime pardonnable ?

D. ARIAS

Je I"ai de votre part long-temps entretenu.

J'ai fait mon pouvoir, Sire, et n'ai rien obtenu. 560

D. FERNAND

Justes deux ! ainsi donc un sujet téméraire

A si peu de respect et de soin de me plaire!

Il offense don Diègue, et méprise son roi 1

Au milieu de ma cour il me donne la loi!

Qu'il soil brave guerrier, qu'il soit grand capitaine, 56.-;

Je saurai bien rabattre une humeur si hautaine:

Fût-il la valeur même, et le dieu des combats,

Il verra ce que c'est que de n'obéir pas.

Quoi qu'ait pu mériter une telle insolence,

Je l'ai voulu d'abord traiter sans violence1: r;Ti>

Mais puisqu'il en abuse, allez dès aujourd'hui.

Soit qu'il résiste ou non, vous assurer de lui.

D. SANCUE

Peut-être un peu de temps le rendrait moins rebelle.

On l'a pris tout bouillant encor de sa querelle2 •

Sire, dans la chaleur d'un premier mouvement, 575

Un cœur si généreux se rend malaisément.

Il voit bien qu'il a tort, mais une âme si haute

N'est pas sitôt réduite à confesser sa faute.

I). FERNAND

Don Sanche, taisez-vous, et soyez averti

Qu'on se rend criminel à prendre son parti. 580

D. SANCHE

J'obéis , et me tais ; mais , de grâce encor. Sire , Deux mots en sa défense.

D. FERNAND

Et que pourrez-vous dire ?

D. SANCHE

Qu'uur âne' accoutumée aux grandes actions Ne se peut abaisser à des submissions :

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