‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 401 sur 488 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Si vous le laissiez vivre et mourir en sujet. Faites donc aujourd'hui que je lui puisse dire Où vous lui destinez un souverain empire.

PRUSIAS

Les soins qu'ont pris de lui le peuple et le sénat 545

Ne trouveront en moi jamais un père ingrat :

Je crois que pour régner il en a les mérites,

Et n'en veux point douter après ce que vous dites ;

Mais vous voyez. Seigneur, le Prince son aîné,

Dont le bras généreux trois fois m'a couronné; "Jso

Il ne fait que sortir1 encor d'une victoire;

Et pour tant de hauts faits je lui dois quelque gloire :

Souffrez qu'il ait l'honneur de répondre pour moi.

Seigneur, c'est à vous seul de faire Attale roi.

PRUSIAS

C'est votre intérêt seul que sa demande touche. 5*s

NICOMÈDE

Le vôtre toutefois m'ouvrira seul la bouche.

De quoi se mêle Rome, et d'où prend le sénat,

Vous vivant, vous régnant, ce droit sur votre Etat?

Vivez, r.égnez, Seigneur, jusqu'à la sépulture,

Et laissez faire après, ou Rome, ou la nature2. soo

PRUSIAS

Pour de pareils amis il faut se foire effort.

NICOMÈDE

Qui partage vos biens aspire à votre mort; Et de pareils amis, en bonne politique...

PRUSIAS

Ah ! ne me brouillez point avec la république;

Portez plus de respect à de tels alliés. *>6K

NICOMÈDE

Je ne puis^voir sous eux les rois humiliés ;

Et quel que soit ce fils que Rome vous renvoie,

Seigneur, je lui rendrais son présent avec joie.

S'il est si bien instruit en l'art de commander,

C'est un rare trésor qu'elle devrait garder, 570

Et conserver chez soi sa chère nourriture*,

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