V. Gr
390 NECOMÉDE
Et je ne rendrai point menace pour menace!
Et je remercîrai qui me dit hautement
Qu'il ne m'est plus permis de vaincre impunément!
PRFSIAS, à Flaminius.
Seigneur, vous pardonnez aux chaleurs de son âge ; 635
Le temps et la raison pourront le rendre sage.
MCOMÈDE
La raison et le temps m'ouvrent assez les yeux,
Et l'âge ne fera que me les ouvrir mieux.
Si j'avais jusqu'ici vécu comme ce frère,
Avec une vertu qui fût imaginaire, 640
(Car je l'appelle ainsi quand elle est sans effets;
Et l'admiration de tant d'hommes parfaits
Dont il a vu dans Rome éclater le mérite,
N'est pas grande vertu si l'on ne les imite);
Si j'avais donc vécu dans ce même repos 645
Qu'il1 a vécu dans Rome auprès de ses héros,
Elle me laisserait la Bithynie entière,
Telle que de tous temps l'aîné la tient d'un père,
Et s'empresserait moins à le faire régner,
Si vos armes2 sous moi n'avaient su rien gagner 650
Mais parce qu'elle voit avec la Bithynie
Par trois sceptres conquis trop de puissance unie,
R faut la diviser; et dans ce beau projet,
Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet!
Puisqu'il peut la servir à me faire descendre, 655
Il a plus de vertu que n'en eut Alexandre;
Et je lui dois quitter* pour le mettre en mon rang,
Le bien de mes aïeux, ou le prix de mon sang.
Grâces aux immortels, l'effort de mon courage
Et ma grandeur future ont mis Rome en 'ombrage : G6a
Vous pouvez l'en guérir, Seigneur, et promplement;
Mais n'exigez d'un fils aucun consentement :
Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse
Ne m'a jamais appris à faire une bassesse.
FLAMIXIUS
A ce que je puis voir, vous avez combattu, 66ê
Prince, par intérêt, plutôt que par vertu. Les plus rares exploits que vous ayez pu faire N'ont jeté qu'un dépôt sur la tête d'un père;