D. FERNAND, D. DIÉGUE, CHIMÈNE, 1). SANCHE, D. ARIAS, D. ALONSE
CHIMÈNE
Sire, Sire , justice1!
D. DIÈGUE
Ah 1 Sire , écoutez-nous !
CHIMÈNE
Je me jette à vos pieds.
J'embrasse vos genoux.
CHIMÈNE
Je demande justice.
D. DIÈGUE
Entendez ma défense.
CHIMÈNE
D'un jeune audacieux punissez l'insolence : 050
Il a^de votre sceptre abattu le soutien, Il a tué mon père.
D. DIÈGUE
Il a vengé le sien.
CHIMÈNE
Au sang de ses sujets un roi doit la justice.
D. DIÈGUE
Pour la juste vengeance il n'est point de supplice.
D. FERNAND
Levez-vous l'un et l'autre, et parlez à loisir. 635
Chimène, je prends part à votre déplaisir*; D'une égale douleur je sens mon àme atteinte.
(à D. Diègue.)
Vous parlerez après; ne troublez pas sa plainte.
iIUMÈ.NE
Sire, mon père est mort; mes yeux ont vu son sang
1. Chimène se jetant aux pieds du roi pour demander justice contre celui qu'elle adore, don Diègue s'y précipitant à son tour pour obtenir la grâce
du fils qui l'a vengé : tableau à la fois théâtral et dramatique . fait pour frapper les yeux à la fois et le cœur.