‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 445 sur 488 · ACTE V. SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE V. SCENE VII

ATTALE

Tous les dieux irrités Dans l2S derniers malheurs nous ont précipités. Le prince est échappé.

LAODICE

Ne craignez plus, Madame :

La générosité déjà rentre en mon àme.

ARSIN'OÉ.

Attale, prenez-vous plaisir à m'alarmer? 1745

ATTALE

Ne vous flattez point tant que de le présumer.

Le malheureux Araspe, avec sa faible escorte,

L'avait déjà conduit à cette fausse porte ;

L'ambassadeur de Rome était déjà passé.

Quand, dans le sein d'Araspe, un poignard enfoncé 1780

Le jette aux pieds du prince. Il s'écrie, et sa suite,

De peur d'un pareil sort, prend aussitôt la fuite1.

ARSINOÉ

Et qui dans cette porte a pu le poignarder?

ATTALE

Dix ou douze soldats qui semblaient la garder. Et ce prince...

ARSINoÉ

Ah! mon fils! qu'il est partout de traîtres! i"j3 Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres! Mais de qui savez-vous un désastre si grand?

ATTALE

Des compagnons d'Araspe, et d'Araspe mourant. Mais écoutez encor ce qui me désespère.

J'ai couru me ranger auprès du roi mon père; i"oo

Il n'en étoit plus temps : ce monarque étonné* A ses frayeurs déjà s'était abandonné, Avait pris un esquif pour tâcher de rejoindre Ce Romain, dont l'effroi peut-être n'est pas moindre.

1. Le coup hardi qu'Attale vient ! l'auteur, achève de nous révéler l'asd'exécater pour sauver son frère, et i rendant qu'a, sans le savoir, exercé sur qu'il raconte sans avouer qu'il en est ; lui Nicomède.

NICOMÉDE

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