ACTE V, SCÈNE IX
Je ne viens point ici montrer à votre haine
Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne :
Je viens en bon sujet vous rendre le repos n*s
Que d'autres intérêts troublaient mal à propos.
Non que je veuille à Home imputer quelque crime :
Du grand art de régner elle suit la maxime ;
Et son ambassadeur ne fait que son devoir.
Quand il veut entre nous partager le pouvoir. »790
Mais ne permettez pas qu'elle vous y contraigne :
Rendez-moi votre amour, afin qu'elle vous craigne;
Pardonnez à ce peuple un peu trop de chaleur
Qu'à sa compassion a donné mon malheur;
Pardonnez un forfait qu'il a cru nécessaire, t79o
Et qui ne produira qu'un effet salutaire.
Faites-lui grâce aussi, Madame, et permettez Que jusques au tombeau j'adore vos bontés1. Je sais par quel motif vous m'êtes si contraire : Votre amour maternel veut voir régner mon frère; îaoo Et je contribuerai moi-même à ce dessein, Si vous pouvez souffrir qu'il soit roi de ma main. Oui, l'Asie à mon bras offre encor des conquêtes; Et pour l'en couronner mes mains sont toutes prêtes Commandez seulement, choisissez en quels lieux; îsos
Et j'en2 rapporterai la couronne à vos yeux.