SCENE II L'INFANTE
T "écouter ai -je encor, respect de ma naissance1. I36«
Qui fais un crime de mes feux?
T'écouterai-je , amour, dont la douce puissance Contre ce fierjyran fait révolter mes vœux?
Pauvre princesse ! auquel des deux
Dois-tu prêter obéissance? io7 0
Rodrigue , ta valeur te rend digne de moi ; Mais pour - être vaillant, tu n'es pas fils de roi. Impitoyable sort, dont la rigueur sépare
Ma gloire * d'avec mes désirs , Est-il dit que le choix d'une vertiLsi rare 137S
Coûte à ma passion de si grands déplaisirs *?
0 cieux! à combien de soupirs
Faut-il que mon cœur se prépare , Si jamais il n'obtient sur un si long tourment Ni d'éteindre l'amour, ni d'accepter l'amant! isao
Mais c'est trop de scrupule , et ma raison s"étonne
Du mépris d'un si digne choix :
Bien qu'aux monarques seuls ma naissance me donne , Rodrigue, avec honneur je vivrai sous tes lois.
Après avoir vaincu deux rois, 1385
Pourrais-tu manquer de couronne?
Et ce grand nom de Cid que tu viens de gagner Ne fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner? Il est digne de moi , mais il est à Chimène :
Le don que j'en ai fait me nuit. 1390
Entre eux la mort d'un père a si peu mis de haine,
tout ailleurs sembleraient digues du ! 1. Cette scène et les suivantes n'ont iMatamore , dans l'Illusion Comique, pas d'autre but que de laisser à Rodrin'ont plus rien qui paraisse exagéré. [ gue le temps de vaincre don Sanche.
| 2. V. fi*.. 41.