‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 11 sur 373 · DIÈGL'E · texte numérisé non relu

DIÈGL'E

Rodrigue, as-tu du coeur? C'otn c^'^^ ■

D.' RODRIGUE

Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure.

D. DIÈGUE

Agréable colère! Digne ressentiment à ma douleur bien doux! Je recoimais mon sang à ce noble courroux; Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma Viens me venger. [honte ;

D. RODRIGUE

De quoi ?

D. DIÈGUE

D'un affront si cruel, Qu'àl'honneur de tousdeux il porte un coup mortel ; D'un soufflet. L'insolent en eût perdu la vie ; . Mais mon âge a trompé ma généreuse envie ; Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir. Je le remets au tien pour venger et punir. Va contre un arrogant éprouver ton courage : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage ; Meurs, ou tue. Au surplus, pour ne point te flatter, Je te donne à combattre un homme àredouter; Je l'ai vu, tout couvert de sang et de poussière, Porter partout l'etfroi dans une armée entière. J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus; Et pour t'en dire encor cjuelque chose de plus. Plus que brave soldat, plus que grand capitaine. C'est...

D. RODRIGUE

De grâce, achevez.

D. DIÈGUE

Le i)ère de Chimèrk"

D. RODRIGUE

Le...

tO LE CID, TRAGEDIE.

D. DIÈGL'E.

Ne réplique point, je connais ton amour : Mais qui peut vivre infâme est indig-ne du jour. Plus Tolienseur est cher, et plus grande est Foifense. Enfin tu sais l'atiVont, ettu tiens la vengeance; Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi; Montre-toi digne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

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