‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 12 sur 373 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

D. RODRIGUE

Percé jusques au fond du cœur D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, Misérable vengeur d'une juste querelle, Et malheureux objet d'une injuste rigueur, Je demeure immobile et mon ame abattue Cède au coup qui me tue.

Si près de voir mon feu récompensé,

0 Dieu, l'étrange peine !

En cet alïront mon père est l'ofTensé.

Et l'oflenseur le père de CIîîhieiîëT

Que je sens de rudes combats!

(Contre mon propre honneur mon amour s'i ntéresse : 11 faut venger un père, et perdre une maîtresse. L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras. Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme, Ou de vivre en infâme.

Des deux côtés mon mal est infini.

0 Dieu, l'étrange peine !

Faut-il laisser iin aifront impuni?

Faut-il punir le père dgfflirmène?

Père, maîtresse, honneur, amour, Noble .et dure contrainte, aimable tyrannie, Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie. L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour. Cher et cruel espoir d'une àme généreuse, Mais ensemble amoureuse.

Digne ennemi de mon plus grand bonheur.

Fer qui causes jna peine, M'es-tu donné pour venger mon honneur?

M'es-tu donné pour perdre ma Chimène?

Page 1