ACTE II, SCÈNE I. i
11 vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père ; J'attire en me vengeant sa haine et sa colère; J'attire ses mépris en ne me veneeant pas. A mon plus doux es|)oir l'un me rend inlidèle, Et l'autre indienne d'elle.
Mon mal auii-mente à le vouloir guérir;
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir, Mourons du moins sans oflenser Cliimène.
Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un tréjjas si mortel à ma gloire, Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire. D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison! Respecter un amour dont mon àme égarée. Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu'à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur, Puisqu'aussi bien il faut perdre Chimène.
Oui mon esprit s'était déçu, je dois tout à mon père avant (]u'à ma maîtresse: Que je meure au combat, ou meure de tristesse, Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu. Je m'accuse déjà de trop de négligence ; Courons à la vengeance ; Et, tout honteux d'avoir tant balancé,
JNe soyons plus en peine, Puis qu'aujourd'hui mon père est l'offensé, Si l'otienseur est père de Chimène.