‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 171 sur 373 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SÉVÈRK, PAULINE, FABIAN.

SÉVÈRE

Dans mon étonnemenl, Je suis confus [tour lui de son aveuglement: Sa résolution a si peu de pareilles, Qu'à peine je me fie encore à mes oreilles. Un cœur qui vous chérit (mais quel cœur assez bas Aurait pu vous connaître, et ne vous chérir pas?). Un homme aimé de vous, sitôt (|u'il possède, Sansregretil vousquilte: il faitplus, ilvouscède, Et comme si vos feux étaient un don fatal. Il en fait un présent lui-même à son rival ! Certes, ou les chrétiens ont d'étranges manies. Ou leurs félicités doivent être infinies, Puisque, pour y prétendre, ils osent rejeter Ce que de tout l'empire il faudrait acheter. Pour moi, si mes destins, un peu plus tôt propices. Eussent de votre hymen honoré mes services. Je n'aurais adoré que l'éclat de vos yeux, J'en aurais fait mes rois, j'en aurais fait mes dieux ; On m'aurait mis en poudre, on m'auraitmis en cen- Avantque... [dre,

PAULINE

Brisons là; je crains de trop entendre, Et que cette chaleur, qui sent vos premiers feux, Ne pousse quelque suite indigne de tous deux. Sévère, connaissez Pauline tout entière.

Mon Polyeucte touche à sou heure dernière; Pour achever de vivre il n'a plus qu'un moment: Vous en êtes la cause, encor qu'innocemment. Je ne sais si votre ànre, à vos désirs ouverte, >■ Aurait osé former (juelque espoir sur sa [lerte ; Mais sachez qu'il n'est point de si cruel trépas

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