ACTE V, SCÈNE III
POLYEUCTK.
Je VOUS en parlerais ici hors de saison ; Klle est un don du ciel, et non de la raison; bit c'est là que bientôt, voyant Dieu face à face. Plus aisément pour vous j'obtiendrai cette grâce.
FÉLIX
Ta perte cependant me va désespérer.
POLYECCTE.
Vous avez en vos mains de cpioi la réparer ;
En vous ôtant un gendre, on vous en donne un autre
Dont la condilion répond mieux à la vôtre;
Ma perte n'est pour vous qu'un change avantageux.
FÉLIX
(lesse de me tenir ce discours outrageux.
Je t'ai considéré plus que tu ne mérites;
Mais, malgré ma bonté, qui croit plus lu l'irrites,
(]ette insolence enfin le rendrait odieux,
Kt je me vengerais aussi bien que nos dieux.
POLYELCTE.
Quoi ! vouschangezbientôtd'humeuretdelangage! Le zèle de vos dieux renlre en votre courage! (^elui d'êlre chrétien s'échappe! et par hasard Je vous viens d'obliger à me parler sans fard !
FÉLIX
Va, ne présume pas (pie, <|uoi <{ue je le jure,
De tes nouveaux docteurs je suive l'imposture.
Je tlattais la manie afin de l'arracher
Du honteux précipice où tu vas trébucher ;
Je voulais gagner temps pour ménager la vie
Après l'éloignemenl d'un tlalleur de Décie :
Mais j'ai trop fait d'injure à nosdieuxloul-puissanls;
Choisis de leur donner ton sang, ou de l'encens.
POLYECCTE.
Mon choix n'est point douteux. Mais j'aperçois Pau- 0 ciel ! [Une.