‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 242 sur 373 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GÉRONTK, DORANTE, CLlTOiN.

GÉRONTE

Dorante, arrêtons-nous ; le trop de promenade Me mettrait hors d'haleine, et me ferait malade. Que l'ordre est rare etbeau de ces grandsbàtimenls !

DORANTE

Paris semble à mes yeux un pays de romans. J'y croyais ce matin voir une île enchantée : Je la laissai déserte, et la trouve hnbitée ; Quelque Amphion nouveau, sansl'aide des maçons, En superbes [lalais a changé ses buissons,

GÉRONïE.

Paris voit tous les jours de ces métamorphoses : Danstoutle Pré-aux-Clercs tu verrasmêmes choses ; Et l'univers entier ne peut rien voir d'égal Aux superbes dehors du Palais-Cardinal.

Toute une ville entière, avec pompe bâtie, Semble d'un vieux fossé par miracle sortie. Et nous fait présumer, à ses superbes toits, Que tous ses habitants sont des dieux ou des rois. Mais changeons de discours. Tusais combien je t'ai-

■ [me ?

DORANTE

Je chéris cet honneur bien plus que le jour même.

GÉRONTE

Comme de mon hymen il n'est sorti que toi, Et que je te vois prendre un périlleux emploi. Où l'ardeur pour la gloire à tout oser convie, Et force à tout moment de négliger sa vie. Avant qu'aucun malheur te puisse être avenu.

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