‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 288 sur 373 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CLÉOPATRE, LAONICE

CLÉOP.\TRE.

Laonice, vois-tu que le peuple s'apprête .\.u pompeux appareil de cette grande fête?

LAONICE

La joie en est publique, et les princes tous deux Des Syriens ravis emportent tous les vceux ; L'un et l'autie fait voir un mérite si rare, Que le souhait confus entre les deux s'égare; Et ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement

346 HODOGUNE, TRAGÉDIE.

N'est (lu'un faible ascendant d'un perniier mouvtv

[menl.

Ils penchent d'un côté, prêts à tomber de l'autro. Leur choix |)our s'allennir attend encor le vôtre ; Et de celui qu'ils font lils sont si peu jaloux, Que votre secret su les réunira tous.

CLKÙPATRE.

Sais-tu que mon secret n'est pas ce l'on pense ?

laonicp:.

J'attends avec eux tous celui de leur naissance.

CLÉOPATRK.

Pour un espritde cour, et nourri chez les grands. Tes yeux dans leurs secrets sont bien peu péné-

[tranls.

A|>prends, ma conndonle,appren(lsà me connaître. Si je cache en quoi rang le ciel les a fait naître, Vois, vois que, l'orrlre en demeure douteux. Aucun des deux ne lègne, et je réirne pour eux : Quoique ce soit un bien ([ue l'un et l'autre attende, De crainte de le perdre aucun ne le demande ; Cependant je po.ssède, et leur droit incertain Me lais:?e avec leur soit leur sceptre dans la main : Voilà mon grand secret. Sais-tu par ipiel mystère Je les laissais tous deux en dépôt chez mon i'rére?

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