ACTE II, SCÈNE II
Heureux déguisements d'un immortel courroux. Vains fantùmes d'État, évanouissez-vous!
Si d'un péril pressant la terreur vous fit naître. Avec ce péril même il vous faut disparaître, Semblables à ces vo.'ux dans l'orage formés, niés. Qu'elface un promjit oubli quand les Ilots sont cal- Kt vous, qu'avec tant d'art cette feinte a voilée, Recours des impuissants, haine dissimulée, Digne vertu des rois, noble secret de cour. Éclatez, il est temps, et voici notre jour. .Montrons-nous toutes deux, non plus comme sujet- .Mais telle que je suis et telle que vous êtes. [tes. Le Parthe est éloigné, nous pouvons tout oser: -Nous n'avons rien à craindre, et rien à déguiser ; Je hais, je régneencur. Laissonsd'illustres marques Rn quittant, s'il le faut, ce haut rang des monar- Faisons-en avec gloire un départ éclatant, Ujues: Et rendons-le funeste à celle qui l'attend. C'est encor, c'est encor cette même ennemie Qui cherchait ses honneurs dedans mon infamie. Dont la haine à son tour croit me faire la loi. Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi. Tu m'estimes bien lâche, inipiudenle rivale, Si lu crois que mon cteur jusque-là se ravale. Qu'il souffre qu'un hymen qu'on t'a promis en vain Te mette ta vengeance et mon sceptre à la main. Vois jusqu'où m'empoi'ta l'amour du diadème, Vois quel sang il nie coûte, et tremble pour toi- -même:
Tremble, le dis-je ; et songe, en dépit du traité. Que, pour t'en faire un don, je l'ai trop acheté.