‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 298 sur 373 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

RODOGL'NE, ORONTK.

nODOGLNE.

Que ferons-nous, Oronte, en ce péril extrême, Où l'on fait de mon sang le prix d'un diadème? Fuirons-nous chez mon frère? attendrons-nous la Ou ferons-nous contre elle un généreux effort?[mort ,

ORONTE

Notre fuite, madame, est assez difficile; J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville. Si l'on veut votre perte, on vous fait observer; Ou, s'il vous est permis encor de vous sauver. L'avis de Laonice est sans doute une adresse: Feignant de vous servir, elle sert sa maîtresse. La reine, qui surtout craint de vous voir régner. Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner ; Et pourrompre un hymen qu'avec peine elle endure. Elle en veut à vous-même imputer la rupture. Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits, Et vous accusera de violer la paix ; Et le roi, plus piqué contre vous que contre elle, Vous voyant lui porter une guerre nouvelle, Blâmera vos frayeurs et nos légèretés, D'avoir osé douter de la foi des traités ; Et peut-être, pressé des guerres d'Arménie, Vous laissera moquée, et la reine impunie.

A ces honteux moyens gardez de recourir. C'est ici qu'il vous faut ou régner ou périr.

3o6 RODOGUNE, TRAGÉDIE.

Le ciel pourvousailleursn'apoint fait de couroiuic ; Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonno .

RODOGLNE.

Ah ! que de vos conseils j'aimerais la vigueur, Si nous avions la force égale à ce grand cœur ! Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m'a laissés mon frère ?

ORONTK.

J'aurais perdu l'esprit hi j'osais me vanter Qu'avec si peu de gens nous puissions résister. Nous mourrons à vos pieds, c'est toute l'assistance Que vous peut en ces lieux oU'rir notre impuissance : Mais pouvez-vous tiembicr ipuind dans ces mêmes

[lieux Vous portez le grand maître etdes rois eldes dieux? L'amour fera lui seul tout ce qu'il vous faut faire Faites-vous un rempart des (Ils contre la mère ; Ménagez bien leur llamme, ils voudront tout pour Et ces astres naissants sont ailorés de tous, [vous ; Quoi ({ue puisse en ces lieux une reine cruelle, Pouvant tout sur ses fils, vous y j)Ouvez plus qu'elle. Cependant trouvez bon (pi'en ces extrémités Je tâche à rassembler nos Parlhes écartés ; Ils sont peu, mais vaillants, et peuvent de sa rage Empêcln'r la surprise et le premier outrage. Craignez moins, et surtout, madame, en ce granfl .Si vous voulez régner, fuites régner l'amour, [jour,

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