ACTE III, SCÈNE IV
J'obéis à mon roi, puisqu'un de vous doit l'être ; Mais quand j'aurai parlé, si vous vous en plaignez, J'atteste toi.s les dieux que vous m'y contraignez. Ht que c'est malgré moi qu'à moi-même rendue J'écoute une chaleur qui m'était défendue; Qu'un devoir rappelé me rend un souvenir Que la foi des traités ne doit plus retenir.
Tremblez, princes, tremblez au nom de votre père: Il est mort, et pour moi, par les mains d'une mère. Je l'avais oublié, sujette à d'autres lois ; Mais libre, je lui rends enfin ce que je dois. C'est à vous de choisir mon amour ou ma haine. J'aime les fils du roi, je hais ceux de la reine: Héglez-vous là-dessus ; et, sans plus me jiresser, Voyez au([uel des deux vous voulez renoncer. Il faut prendre parti, mon choix suivra le vôtre : Je respecte autant l'un comme je déteste l'autre. .\laisce que j'aime en vous du sang de ce grand roi, S'il n'est digne de lui, n'est pas digne de moi. Ce sang que vous portez, ce trône qu'il vous laisse, Valent bien ({ue pour lui votre cœur s'intéresse. Votre gloire le veut, l'amour vous le prescrit. Qui peut contre elle et lui soulever votre esprit? Si vous leur préférez une mère cruelle. Soyez cruels, ingrats, parricides comme elle : Vous devez la punir, si vous la condamnez ; Vous devez l'imiter, si vous la soutenez. Quoi ! cette ardeur s'éteint ! l'un etl'autre soupire' J'avais su le prévoir, j'avais su le prédire.