TI0C1IL"S
Princesse...
RODOGUNE
Il n'est plus temps, le mot en est lâché. Quand j'ai voulu me taire, en vain je l'ai lâché. Appelez ce devoir haine, rigueur, colère ; Pour gagner Rodogune il faut venger un père ; Je me donne à ce prix : osez me mériter ; Et voyez qui de vous daignera m'accepter. Adieu, princes.
SCÈXE V
ANÏIOCHLS, SÉLEUCUS.
AMIOCUUS.
Héias ! c'est donc ainsi qu'on traite
Les plus profonds respects d'une amour si parfaite
SÉLKUCUS.
Elle nous fuit, mon frère, après cette rigueur.
ANïlOCHUS.
Elle fuit, mais en Parlhe, en nous perçant le cœur.
SKLEUCLS.
Que le ciel est injuste! Une àme si cruelle Méritait notre mère, et devait naître d'elle.
ANTIOCHLS.
Plaignons-nous sans blasphème.
SÉLELCUS.
Ah ! que vous me gênez Par cette retenue où vous vous obstinez! Faut-il encor régner? faut-il aimer encore?
ANTlOr.HUS.
11 faut plus de respect pour celle qu'on adore.
SKLEUCUS.
C'est ou d'elle ou du Irùne être ardemment épris, Que vouloir ou l'aimer ou régner à ce prix.
ANTIOCIU'S.
C'est et d'elle et de lui tenir bien peu de compte, Que faire une révolte et si pleine et si prompte.
SÉLEL'CLS.
Lors(pie l'obéissance a tant d'impiété , La révolte devient une nécessité.
A.NTiocnus La révolte, mon frère, est bien précipitée Quand la loi qu'elle rompt peut êlie rétractée; Et c'est à nos désirs trop de témérité De vouloir de tels biens avec facilité: Le ciel par les travaux veut qu'on monte à la gloire; Pour gagner un triomphe il faut une victoire. Mais que Je tâche en vain de tlaller noslounnents! ISos malheurs sont plus forts que ces déguisements. Leur excès à mes yeux paiait un noir abime Où la haine s'apprête à couronner le crime. Où la gloire est sans nom, la vertu sans honueui', Où sans un j»arricide il n'est point de bonheur; Et, voyant de ces maux l'épouvantable image. Je me sens alfaiblir (piand Je vous encourage; 4e frémis, Je chancelle; et mon cœui' abattu Suit tantôt sa douleur, et tantôt sa vertu. Mon frère, ]>ardonnf!Z à des discours sans suite. Qui fonttrn|t voirie tiouble où mon àme est réduite.