‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 304 sur 373 · ACTE IIF, SCKNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IIF, SCKNE VI

SÉLELCUS.

J'en forais comme vous, si mon esprit troublé

Ne secouait le joug dont il est accablé.

Dans mon ambition, dans l'ardeur de ma tlarnme,

Je vois ce qu'est un trône, et ce qu'est une femme ;

Et jugeant par leur firix de leur possession.

J'éteins enfin ma flamme et mon ambition,

Et je vous céderais l'un et l'aulie avec joie,

Si, dans la liberté (pie le ciel nie renvoie,

La crainle de vous faire un funeste présent

Ne me jetait dans l'âme un reniords trop cuisant.

Dérobons-nous mon frère, à ces âmes cruelles,

Et laissons-les sans nous acbever leur querelles.

ANTIOCHIS.

Comme j'aime beaucoup, j'e>p»'re encoiv? un peu. L'espoirne jieut s'éteindre où biùle tant de feu; Et son reste confus me rend ({UfNpies lumi;'res Pour juger mieux que vous de ces âmes si Hères. Croyez-moi, l'une et l'autre a redouté nos |deurs: Leur fuite à nos soupirs a dérobé leurs cteurs; Et si taiilùt leur liainc fût iilleiidu nos larmes. Leur baine à nos doub-ins aurait rendu les armes.

SÉLKLCIS.

Pleurez donc à b-urs yeux, gémissez, soupirez. Et je craindrai jiour vous ce que vous espérez. Quoitju'en votre fa veiU' vos pleurs obtiennent d'elles, 11 vous faudra jjari'r leurs haines mutuelles, .Sauver l'une de laulre; et peut-être leurs coups, Vous trouvant au milieu, ne perceront que vous: C'est ce qu'il faut pleurer. .Ni maîtresse ni mère N'ont plus de clioix ici ni de lois à nous faire; Quoi (jue leur rage exige ou de vous ou de moi, Rodogune esta vous, puisque je vous fais roi. Epargnez vos soupirs près de Tune et de l'autre. J'ai trouvé mon bonlieur, saisissez-vous du vôtre: Je n'en suis point jaloux; et ma triste amitié Ne le verra jamais que d'un œil de pitié.

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