L.VODICE
Les mystères de cour souvent sont si cachés Que les jilus clairvoyants y sont bien empêchés.
Lorsque vous n'étiez point ici pour me défendre Je n'avais contre Attale aucun coml)at à rendre ; Rome ne songeait point à troubler notre amour : Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour ; Et dans ce même jour Rome, en votre présence, Avec chaleur pour lui presse mon aliance. Pour moi, je ne vois goutte en ce raisonnement Qui n'attend jioint le temps do votre éloignement, Et j'ai devant les yeux toujours r]uelque nuage Qui m'ollusque la vue, et m'y jette un ombrage. Le roi chérit sa femme, il craint Rome, et pour vous. S'il ne voit vos hauts faits d'un o.'il un peu jaloux, Du moins, à dire tout, je ne saurais vous taire Qu'il est trop bon maii jjour être assez bon père. Voyez quel contre-temps Attale prend ici ! Qui ra])pelle avec nous? quel projet? quel souci? Je conçois mal, seigneur, ce (ju'ii faut que j'en pense; Mais j'en romprai le coup, s'il y faut ma présence. Je vous quitte.