‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 348 sur 373 · NICOMÈDE, ATTALE · texte numérisé non relu

NICOMÈDE, ATTALE

ATTALE

Puisque c'est la chasser, seigneur, je me retire.

NICOMÈDE

Non, non ; j"ai quelque chose aussi bien à vousdire. Prince. J'avais mis bas, avec le nom d'aîné, L'avantage du trône où je suis destiné ; Et voulant seul ici défendre ce que j'aime, Je vous avais prié de l'attaquer de même. Et de ne mêler pointsurtout dans vos desseins Ni le secours du roi, ni celui des Romains. Mais, ou vous n'avez pas la mémoire fort bonne, Ou vous n'y mettez rien de ce qu'on vous ordonne.

ATTALE

Seigneur, vous me forcez à m'en souvenir mal, Quand vous n'achevez pas de rendre tout égal. Vous vousdéfailesbien de quelques droitsd'aînesse: Mais vous défaites-vous du cœur de la princesse, De loules les vertus qui vous en font aimer, Des hautes qualités qui savent tout charmer. De trois sceptres conquis, du gain de six batailles. Des glorieux assauts de plus de cent murailles? Avec de tels seconds rien n'est pour vous douteux. Rendez donc la princesse égale entre nous deux : Ne lui laissez plus voir ce long amas de gloire Qu'à pleines mains sur vous a versé la victoire ; Et faites qu'elle puisse oublier une fois Et vos rares vertus et vos fameux exploits ; Ou contre son amour, contre votre vaillance,

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