‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 41 sur 373 · ACTE IV, SCÈXE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈXE V

Si SOUS votre défense il ménage sa vie, Et s'en fait un prétexte à ne paraître pas [pas? Où tous les gens d'honneur cherchent un beau tré- IJe pareilles faveurs terniraient trop sa gloire: Qu'il goûte sans rougir le fruit de sa victoire. Le comte eut de l'audace, il l'en a su punir: 11 l'a fait en brave homme, et le doit maintenir.

D. FERNAND

Puisque vous le voulez, j'accorde qu'il le fasse: Maisd'un guerrier vaincu mille prendraientlaplace, Kt le prix que Chimène, au vainqueur a promis. De tous mes cavaliers ferait se:; ennemis : l/opposer seul à tous serait trop d'injustice; Il suffit qu'une fois il entre dans la lice, rjioisis qui tu voudras, Chimène, et choisis bien; Mais après ce combat ne demande plus rien.

D. DIÈGLE.

iN'excusez point par là ceux que son bras étonne; Laissez un champ ouvert où n'entrera personne. Après ce que Rodrigue a fait voir aujourd'hui. Quel courage assez vain s'oserait prendre à lui? Qui se hasarderait contre un tel adversaire? Qui serait ce vaillant, ou bien ce téméraire?

D. SANCHE

Taites ouvrir le champ: vous voyez l'assaillant; Je suis ce téméraire, ou plutôt ce vaillant. Accordez cette grâce à l'ardeur qui me presse. Madame, vous savez quelle est votre promesse.

D. FERNAND

Chimène, remets-tu ta querelle en sa main?

CHIMÈNE

.Sire, je l'ai promis.

D. FERNAXD.

Soyez prêt à demain.

D. DIÈGLE.

Non, sire, il ne faut pas ditférer davantage;

On est toujours tout prêt quand on a du courage.

D. FERNAND

Sortir d'une bataille et comliattre à l'instant!

D. DIÈGLE.

Rodrigue a pris haleine en vous la racontant.

D. FERNAND. [laSSC ;

Du moins une heure ou deux je veux qu'il se dé- Mais de peur qu'en exemple un tel combat ne passe, Pour témoigner à tous qu'a regret je permets

Un sanglant procédé qui ne me plut jamais, De moi ni de ma cour il n'aura la présence.

(rt D Arias.) Vous seul des combattants jugerez la vaillance. Ayez soin que tous deux fassent en gens de cœur, Et le combat fini, m'amenez le vainqueur. Quel quil soit, même prix est acquis à sa peine: Je le veux de ma main présenter à Chimène, Et que pour récompense il reçoive sa foi.

Quoi ! sire, m'imposer une si dure loi!

D. FEHNAND.

Tut'en plains;mais tonfeii,loin d'avouer ta plainte, Si Rodrigue est vainqueur, l'accepte sans contrainte. Cesse de murmurer contre un arrêt si doux ; Qui que ce soit des deux, j'en ferai ton époux.

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