‹ Théâtre choisiChapitre 97 sur 263 · SCÈNE II. — TARTUFFE, DORINE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — TARTUFFE, DORINE

TARTUFFE, apercevant Dorine.

Laurent, serrez ma haire avec ma discipline, Et priez que toujours le ciel vous illumine.

Si l’on vient pour me voir, je vais aux prisonniers Des aumônes que j’ai partager les deniers.

DORINE Que d’affectation et de forfanterie!

TARTUFFE Que voulez-vous ?

DORINE Vous dire...

TARTUFFE. Î/ fire un mouchoir de sa poche.

Ah! mon Dieu, je vous prie, Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.

DORINE Comment!

TARTUFFE Couvrez ce sein que je ne saurais voir.

Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.

DORINE

Vous êtes donc bien tendre à la tentation,

Et la chair sur vos sens fait grande impression! Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte : Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte, Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,

Que toute votre peau ne me tenterait pas.

TARTUFFE Mettez dans vos discours un peu de modestie, Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.

DORINE Non, non, c’est moi qui vais vous laisser en repos, Et je n’ai seulement qu’à vous dire deux mots. Madame va venir dans cette salle basse, Et d’un mot d’entretien vous demande la grâce.

TARTUFFE Hélas ! très volontiers.

DORINE, €# soi-même.

Comme il se radoucit!

Ma foi, je suis toujours pour ce que j’en ai dit.

TARTUFFE Viendra-t-elle bientôt ?

DORINE Je l’entends, ce me semble.

Oui, c’est elle en personne, et je vous laisse ensemble.

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