SCÈNE IV
HORACE, CCRIACE, CAMILLE
Avez- vous su l'état qu'on fait de Curiace, 515
lia sœur?
CAMILLE
Ilélasl mon sort a bien changé de face.
Armez-vous de ctnstance, et montrez-vous ma sœur ;
Et si par mon trépas il retourne vainqueur,
Ne le recevez point en meurtrier d'un frère,
Mais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire, 520
Qui sert bien son pays, et sait montrer à tous,
Par sa haute vertu, qu'il est digne de vous.
Comme si je vivois, achevez l'hyménée ;
Mais si ce fer aussi tranche sa destinée,
Faites à ma victoire un pareil traitement : 525
Ne me reprochez point là mort de votre amant.
Vos larmes vont couler, et votre cœur se presse.
Consumez avec lui toute cette foiblesse *,
1. « A ces mots : «Je ne vous connois plus. — Je vousconnois c encore, » on se récria d'admiration ; on n'avait jamais rien vu de si sublime. » (Voltaire.)