SCÈNE VIII
LE VIEIL HORACE, HORACE, CURiACE HORACE,
Mon père, retenez des femmes qui s'emportent, 695
Et de grâce empêchez surtout qu'elles ne sortent.
Leur amour importun yiendroit avec éclat
Par des cris et des pleurs troubler notre combat ;
Et ce qu'elles nous sont feroit qu'avec justice
On nous imputeroit ce mauvais artifice. 700
L'honneur d'un si beau choix sereit trop acheté,
Si l'on nous soupçonnoit de quelque lâcheté.
LE VIEIL HORACE
J'en aurai soin. Allez, vos frères vous attendent ; Me pensez qu'aux devoirs que vos pays demandent.
CURIACE
Quel adieu vous dirai-je? et par quels compliments.,, 705
LX VIEIL HORACE
Ah I n'attendrissez point ici mes sentiments ;
Pour vous encourager ma voix manque de termes ;
Mon cœur ne forme point de pensers assez fermes ;
Moi-même en cet adieu j'ai les larmes aux yeux.
Faites votre devoir, et laissez faire aux Dieux. 710
i.Var. Et si notre foiblesse avoit pu les changer. Noua vous laissons ici pour les encourager. (1641-64)