ACTE III, &CÊNE VI
Des trois les deux sont morts, son époux seul vous reste. 995
LE VIEIL HORACE
0 d'un triste combat effet vraiment funeste !
Rome est sujette d'Albe, et pour l'en garantir
Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir I
Non, non, cela n est point, on vous trompe, Julie;
Rome n'est point sujette, ou mon fils est sans vie : 1000
Je connois mieux mon sang, il sait mieux son devoir.
JULIE
Mille, de nos remparts, comme moi l'ont pu voir.
Il s'est fait admirer tant qu'ont duré ses frères ;
Mais comme il s'est vu seul contre trois adversaires,
Prés d'être enfermé d'eux, sa fuite Ta sauvé. 1005
LE VIFIL HORACE.
Et nos soldats trahis ne l'ont point achevé *? Dans leurs rangs à ce lâche ils ont donné retraite ?
JULIE
Je n'ai rien voulu voir après cette défaite.
CAMILLE
O mes frères !
LE VIEIL IIORACE.
Tout beau, ne les pleurez pas tous; Deux jouissent d-'un sort dont leur père est jaloux. 1010
Que des plus nobles fleurs leur tombe soit couverte ; La gloire de leur mort m'a payé de leur perte : Ce bonheur a suivi leur courage invaincu, Qu'ils ont vu Rome libre autant ou'ils ont vécu, Et ne l'auront point vue obéir qu à son prince, 1015
Ni d'un État voisin devenir la province. Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront Que sa fuite honteuse imprime à notre front; Pleurez le déshonneur de toute notre race, Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace 1020
JULIE
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?
LE VIEIL HORACE
Qu'il mourût*,