‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 133 sur 619 · LE VIEIL HORACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL HORACE, CAMILLE

LE VIEIL HORACE

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme ; 1055

Qu'il me fuie à l'égal des frères de sa femme :

Pour conserver un sang qu'il tient si précieux,

Il n'a rien fait encor s'il n'évite mes yeux.

Sabine y peut mettre ordre, ou derechef j'atteste

Le souverain pouvoir de la troupe céleste... 1060

CAMILLE

Ah ! mon père, prenez un plus doux sentiment ; Vous verrez Rome même en user autrement ; Et de quelque malheur que le ciel l'ait comblée, Excuser la vertu sous le nombre accablée.

LE VIEIL HORACE

Le jugement de Rome est peu pour mon regard, 1065

Camille; je suis père, et j ai mes droits à part.

Je sais trop comme agit la vertu véritable :

C'est sans en triompher que le nombre l'accable,

Et sa mâle vigueur, toujours en même point,

Succombe sous la force, et ne lui cède point. 1070

Taisez-vous, et sachons ce que nous veut Valère*

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