Art poétique, vert 116 et
1. ▼*». (édit. de 1180) : «Pour- le lieu, bien que l'unité y soit exacte, j'y ai fiait voir quelque contrainte, quand j'ai parlé de la réduction de la tragédie au roman (voyei le tome I du Corneille de M. Marty-Lateaux, p. as et M). Il est constant, etc. » — Corneille fait remarquer dans le Discourt des trois unités {iUd.t p. 111) qu'il n'a pu réduire que trois pièces à la stricte unité de lieu : Horaee, Polueuete et Pommée; mais dans son Discours ie la trayéau (p. tsj iJ dît finement que, même dans Borate, l'unité de lieu est bien ar linciello, et que dans un roman on procéderait tout autrement.
s. Horace, Art poétique, vers Ml.
prendre intérêt i ce qui regard* ion mari et tes frères; mais l'Infante n'est point obligée d'en prendre aucun en ce qui touche le Cid: et si elle a quelque inclination secrète pour lui, il n'est point besoin qu'elle en fasse rien paraître, puisqu'elle ne produit aucun effet.
L'oracle qui est proposé an premier acte4 trouve son vrai sens à la conclusion du cinquième. U semble clair d'abord, et porte l'imagination à un sens contraire; et je les aimerois mieux de cette sorte sur nos théâtres, que ceux qu'on fait entièrement obscurs , parce que la surprise de leur véritable effet en est plus belle. J'en ai usé ainsi encore dans l'Andromède et dans V Œdipe *. Je ne dis pas la même chose des songes, qui peuvent faire encore un grand ornement dans la protase, pourvu qu'on ne s'en serve pas souvent. Je voudrais qu'ils eussent l'idée de la fin véritable de la pièce, mais avec quelque confusion qui n'en permit pas l'intelligence entière. Cest ainsi que je m'en suis servi deux fois, ici* et dans Polyeuctê*, mais avec plus d'éclat et d'artifice dans ce dernier poème, où il marque toutes les particularités de l'événement, qu'en celuici, où il ne fait qu'exprimer une ébauche tout à fait informe de ce qui doit arriver da funeste.
U passe pour constant que le second acte est un des plus pathétiques qui soient sur la scène, et le troisième un des plus artificieux. U est soutenu de la seule narration de la moitié du combat des trois frères, qui est coupée très-heureusement pour laisser Horace le père dans la colère et le déplaisir, et lui donner ensuite un beau retour à la joie dans le quatrième. Il a été à propos, pour le jeter dans cette erreur, de se servir de l'impatience d'une femme qui suit brusquement sa première idée, et présume le combat achevé, paros qu'elle a vu deux des Horaces par terre et le troisième en fuite. Un homme, qui doit être plus posé et plus judicieux, n'eût pas été propre i donner cette fausse alarme : il eût dû prendre plus de patience, afin d'avoir plus de certitude de l'événement, et n'eût pas été excusable de se laisser emporter si légèrement par les apparences à présumer le mauvais succès d'un combat dont il n'eût pas vu la fin.
Bien que le roi n'y paroisse qu'au cinquième, il y est mieux dans sa dignité que dans le Cid, parce qu'il a intérêt pour tout son État dans le reste de la pièce; et bien qu'il n'y parle point, il ne laisse pas d'y agir comme roi. Il vient aussi dans ce cinquième comme roi qui veut honorer par cette visite un père dont les fils lui ont conservé sa couronne et acquis celle d'AIbe au prix de leur sang.