ACTE QUATRIÈME
AUGUSTE, EUPHORBE, POLYCLÈTE, Garde»
AUGUSTE
Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.
EUPHORBE
Seigneur, le récit même en paroît effroyable :
On ne conçoit qu'à peine une telle fureur1,
Et la seule pensée en fait frémir d'horreur. 1080
auguste.
Quoi? mes plus chers amis! quoi? Cinnal quoi? Maxime I Les deux que j'honorois d'une si haute estime, A qui j'ouvrois mon cœur, et dont j'avois fait choix Pour les plus importants et plus nobles emplois I Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire. 1085
Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire I Maxime a vu sa faute, il m'en fait avertir *, Et montre un cœur touché d'un juste repentir ; Hais Cinnal
EUPHORBE
Ginna seul dans sa rage s'obstine, Et contre vos bontés d'autant plus se mutine ; 1090
Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords', Et malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées, Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.
AUGUSTE
Lui seul les encourage, et lui seul les séduit ! 1095
O le plus déloyal que la terre ait produit * I
i.Var. On ne conçoit qu'à force une telle fureur. (1643-56)