‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 199 sur 619 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

AUGUSTE, EUPHORBE, POLYCLÈTE, Garde»

AUGUSTE

Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.

EUPHORBE

Seigneur, le récit même en paroît effroyable :

On ne conçoit qu'à peine une telle fureur1,

Et la seule pensée en fait frémir d'horreur. 1080

auguste.

Quoi? mes plus chers amis! quoi? Cinnal quoi? Maxime I Les deux que j'honorois d'une si haute estime, A qui j'ouvrois mon cœur, et dont j'avois fait choix Pour les plus importants et plus nobles emplois I Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire. 1085

Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire I Maxime a vu sa faute, il m'en fait avertir *, Et montre un cœur touché d'un juste repentir ; Hais Cinnal

EUPHORBE

Ginna seul dans sa rage s'obstine, Et contre vos bontés d'autant plus se mutine ; 1090

Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords', Et malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées, Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE

Lui seul les encourage, et lui seul les séduit ! 1095

O le plus déloyal que la terre ait produit * I

i.Var. On ne conçoit qu'à force une telle fureur. (1643-56)

Page 1